Le compostage individuel et collectif par la transformation des ordures par les Lombrics (vers)


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Expérience

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Notre expérience de reproduction


Le projet consiste à faire l'élevage des vers de terre en quantité suffisante

Nous avons tenté, au cours de nos manipulations, de maintenir les conditions optimales qui permettent la survie de l'espèce dans un habitat artificiel.

Dans les faits, les lombrics s'adaptent très bien à un milieu entièrement artificiel mais toutes les espèces ne veulent pas se reproduire.

MOTS CLÉS :
biologie, Lumbricus terrestris, Eisenia foetida, élevage, habitat artificiel, reproduction

Le but de ce projet est donc de trouver un procédé efficace d'élevage de vers de terre le plus productif possible .

Pour survivre dans des habitats artificiels, les vers ont besoin de certaines conditions.

C'est donc à partir de ces éléments que nous avons élaboré nos hypothèses

  • ·1. Il est possible de maintenir en vie une colonie de lombrics dans un habitat artificiel dans un endroit frais et bien aéré.
  • ·2. Une terre de pH neutre et nourrie de matières organiques sans sel permet la survie de l'espèce.
  • ·3. Il est possible de faire proliférer en grand nombre une colonie de vers de terre.
  • ·4. Il est possible de faire reproduire les vers de terre en cessant de les nourrir pendant quelques jours et en déclenchant ainsi leur instinct de survie.


Au cours de la réalisation du projet, nous en sommes venues à élaborer de nouvelles hypothèses :

  • ·5. Une nourriture à base de gruau ou une nourriture à base de résidus de papier journal permet aux vers de devenir trois fois plus gros.


MATÉRIELS ET MÉTHODES
Pour réaliser notre expérimentation, nous avons tenté de faire reproduire deux espèces de vers, soit le Lumbricus terrestris et le Eisenia foetida.

Tableau 1 :
Caractéristiques respectives des deux espèces de vers*.
Espèces caractéristiques
lumbricus terrestris Eisenia foetida
To idéal (en oC)
12 10
Nombre de descendants
2-3 années 30-40 années
Nombre de segments
108 à 180 80 à 120
Longueur en mm
130 à 250 50 à 120

Chaque espèce était maintenue en captivité selon les conditions optimales décrites
Le matériel utilisé tout au long de l'expérimentation est :

  • ·* Réfrigérateur
  • ·* 6 Bacs de plastique
  • ·* Terre noire
  • ·* Bicarbonate de soude
  • ·* Test de pH
  • ·* Tuyaux de plastique
  • ·* Thermomètre
  • ·* Gants de plastique
  • ·* Moustiquaire
  • ·* Broche
  • ·* Matières organiques


Nous avons donc commencé nos manipulations par la préparation du réfrigérateur utilisé pour la conservation de nos habitats artificiels.

Nous avons collé un thermomètre à chaque étage de notre réfrigérateur pour garder un meilleur contrôle de la température, puisque la survie des vers nécessite une température spécifique.

Ensuite, nous avons procédé à l'installation de deux tuyaux de plastique passant à travers l'isolation de la porte du réfrigérateur.

Ces tuyaux doivent permettre le passage de l'air constant entre l'intérieur et l'extérieur du réfrigérateur, ils ne doivent pas altérer la fermeture étanche de la porte et ils sont essentiels car les vers dégagent une forte odeur.

En particulier Eisenia foetida en condition de faible oxygénation.

Par la suite, nous avons préparé les litières servant à l'élevage de nos vers.

Nous avons donc pris des bacs de plastique dont nous avons perforé le fond pour permettre le drainage de l'eau.

Nous avons recouvert le fond de ces bacs d'une moustiquaire pour empêcher l'évasion des vers.

La moustiquaire à brûlots est la plus recommandée car c'est la plus fine que l'on puisse trouver.

Nous avons recouvert les bacs d'une moustiquaire fermée par une broche toujours pour empêcher les lombrics de s'échapper. Nous avons ensuite rempli les bacs de terre noire.

Puisque la terre était trop acide il a fallu la neutraliser avec du bicarbonate de soude et tout au long du projet nous avons effectué des tests de pH qui nous permettait de vérifier si la terre demeurait à un pH 7.Chaque espèce avait son propre bac et ce bac était gardé sur l'étage du réfrigérateur correspondant à la température idéale pour élever l'espèce.

Une fois l'espèce installée dans son habitat, nous devions arroser fréquemment la terre pour garder une bonne humidité.

Une terre bien humidifiée est une terre qui colle bien quand on la resserre dans sa main.

L'eau utilisée pour l'arrosage est de l'eau déchlorée, c'est-à-dire de l'eau qu'on laisse reposer pendant une semaine pour permettre l'évaporation du chlore, car le chlore est très néfaste pour les vers.

Finalement, il nous restait à bien nourrir nos vers pour les engraisser.

Nous leur avons donné, du gruau, du thé déjà utilisée, de la boue de résidu de papier, des All Bran et des feuilles mortes recueillies sous la neige.

Le sel est fortement déconseillé puisqu'il cause une salinisation du sol. Celui-ci, s'il est hypertonique, provoque un dessèchement de l'animal, qui peut en mourir.

RESULTATS:

Comme l'indique le tableau 2 la reproduction a fonctionné pour une espèce et échoué pour la deuxième espèce.

Tableau 2 :

Espèces :
Lumbricus terrestris Eisenia foetida
Nombre de reproductions
aucune 400

Reflexions 1 et 2 :

Nous avons pu constater qu'il est possible de maintenir en vie nos deux espèces de vers soit, le Lumbricus terrestris et l'Eisenia foetida, dans des habitats artificiels.

Nous avons toutefois dû nous adapter à la petite taille des vers rouges qui nous posait quelques problèmes quant à leur évasion.

En effet, étant capables de se déformer et de passer à travers de très petits espaces, nous retrouvions fréquemment l'Eisenia foetida à l'extérieur de son habitat artificiel, soit dans notre réfrigérateur.

Pour remédier au problème nous avons utilisé du moustiquaire à brûlots, mais il n'était pas encore assez fin et les vers rouges s'échappaient toujours. Nous avons donc mis un double fond à leur habitat pour les récupérer plus facilement.

Au cours de notre expérience, nous avons du ajouter quelques petites doses de bicarbonate de soude dans notre terre, pour la conserver le plus près possible d'un pH 7. Nous avons aussi du adapter la température du réfrigérateur pour qu'il y ait un étage à 10 degrés Celsius et un autre à 12 degrés Celsius (voir Tableau 1).

Quant à la nourriture, en voulant leur donner des feuilles mortes recueillies sous la neige, nous avons introduit dans nos habitats artificiels des éléments de la pédofaune.

Il aurait effectivement été primordial de stériliser les feuilles avant de les donner en nourriture aux vers. Ces éléments de la pédofaune ne paraissant pas nuisibles à nos vers, nous n'avons pas entrepris de démarche pour les exterminer.

Il est important de mentionner que l'aération provenant des tuyaux servait à réduire l'odeur désagréable dégagée par les vers et n'était pas vraiment utile à leur survie.

En effet, les vers font leur propre aération en creusant des tunnels dans la terre. De plus, l'Eisenia foetida tire son nom du mot fétide, donc celui-ci vit très bien dans un milieu mal aéré et nauséabond comme du fumier ou du compost.

Finalement, la densité de vers par cm carré était suffisante pour qu'ils se rencontrent assez souvent pour se reproduire.

Reflexions 3 :

En sachant que les vers de terre sont des êtres hermaphrodites sexués, nous avons observé de près leur reproduction.

Les lombrics s'accouplent tête-bêche. Le clitellum de l'un s'unit étroitement à la région génitale de l'autre.

L'accouplement dure environ trois heures et consiste en un échange de sperme émis par les orifices génitaux mâles vers les spermathèques du conjoint.

Les spermatozoïdes empruntent un trajet compliqué pour se rendre à l'un des quatre petits pores, situés de part et d'autre du 10e segment. Ils sont ensuite emmagasinés dans des réceptacles séminaux appelés spermathèques.

Le ver rouge conserve les spermatozoïdes du conjoint et pond des oeufs pendant plusieurs mois.

Nous avons donc pu observer la reproduction des vers rouges.
La reproduction s'est avérée très prolifique pour l'Eisenia foetida.

Nous avons effectivement eut un très grand nombre de naissances. quoique très difficile à estimer car les bébés sont très petits et difficiles à dénombrer.

Par contre, nous n'avons pas eu de naissance pour les Lumbricus terrestris . Nous n'avons même pas vu deux vers qui semblaient vouloir s'accoupler. La reproduction fut donc un échec pour cette espèce.

L'échec de la reproduction des Lumbricus terrestris nous a poussées à vérifier cette hypothèse que nous avait dit un vendeur de lombrics.

Les vers de cette espèce utilisée lors du projet étaient des vers vendus pour la pêche, ce qui sous-entend que l'éleveur avait fort probablement engraissé les vers.

En effet, ceux-ci étaient très gros mais si on portait une attention particulière à leur clitellum, leur organe de
reproduction, il était démesurément petit comparativement à la grosseur du ver.

Ce qui pourrait laisser croire, quoique ce fusse très peu probable, que malgré leur taille volumineuse les Lumbricus terrestris étaient immatures.

Ceci a eu pour effet de nuire à notre tentative de reproduction. Mais voulant tester la capacité de reproduction en instinct de survie, nous avons réduit l'expérience sur quatre sujets pour ne pas tous les faire mourir et nous avons choisi les quatre vers en fonction de la grosseur de leur clitellum.

Nous avons donc isolé ces quatre vers dans un habitat de styrofoam, sans nourriture et sans eau. Les quatre sujets sont morts sans même avoir produit le mucus qui est présent avant le production d'oeufs.

Nous pensons que si les Eisenia foetida se sont reproduits lorsqu'ils étaient bien, le même phénomène se serait produit pour les Lumbricus terrestris s'ils avaient été matures.
Nous avons utilisé certains de nos jeunes Eisenia foetida pour créer 4 groupes expérimentaux.

Ces 4 groupes étaient alimentés d'une nourriture spécifique et nous avons vérifier sa capacité à faire croître les jeunes vers rouges

Nous avons donc pu constater que la meilleure nourriture est le All Bran, car c'est avec cette nourriture que les jeunes se sont révélés les plus gros et les plus vigoureux.

Le Lumbricus terrestris et l'Eisenia foetida possèdent le pouvoir de se régénérer. Par contre, en les coupant en deux, on n'obtient pas deux individus mais un seul. La tête peut se régénérer une queue mais l'inverse est impossible.

Il faut aussi faire attention à l'endroit où l'on fait l'incision car certains segments doivent demeurer intacts.

Pour survivre, l'Eisenia foetida doit obligatoirement conserver les 12 segments situés entre le 9e et le 20e segments inclusivement.

Son cordon nerveux situé entre ces segments est essentiel à sa régénération.

Pour le Lumbricus terrestris, du 5e au 22e segments sont essentiels à la survie.


CONCLUSION

En somme, l'élevage d'une colonie de lombrics en milieu artificiel est possible.

Notre expérimentation nous a permis d'infirmer quelques hypothèses. En particulier celles qui affirmaient qu'en déclenchant l'instinct de survie il y avait reproduction, qu'en nourrissant les vers avec du gruau et la boue de résidu de papier les vers devenaient 3 trois fois plus gros et qu'en coupant un vers en deux les deux extrémités survivaient se sont avérés nulles.

En effet, dans ces trois cas nos résultats expérimentaux contredisent les affirmations des ouvrages de référence .

Que dire de plus, sinon que faire un projet avec des organismes vivants amène un travail captivant et enrichissant quoique imprévisible.


IMPACTS SUR LA SOCIÉTÉ ET L'ENVIRONNEMENT

Le but étant d'aider la terre en lui trouvant un procédé pour reproduire les vers,

Reflexions:

Nous avons quelques reflexions à apporter à des collègues afin de rendre l'expérimentation plus concluante. Nous suggérons à des futurs manipulateurs de :

·Trouver une technique qui permettrait de dénombrer exactement la population d' Eisenia foetida.

·Il serait aussi très intéressant de pouvoir savoir l'âge exact des vers adultes achetés de façon à savoir s'ils sont matures et prêts à la reproduction.



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