Le compostage individuel et collectif par la transformation des ordures par les Lombrics (vers)


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Biologie du ver

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LA BIOLOGIE DU VER DE TERRE


Introduction

" …les intestins du sol "
- Aristote (environ 330 av. J.-C.)

"Qu'il est merveilleux de penser que toute cette vaste étendue a déjà passé par le corps des vers de terre et y aura repassé encore après quelques années.
La charrue est l'une des inventions les plus anciennes et les plus précieuses de l'homme, mais la terre a été et continue d'être labourée régulièrement par les vers de terre depuis bien longtemps.
On peut douter qu'aucun autre animal ait jamais joué un rôle aussi important dans l'histoire du monde que ces créatures rudimentaires. "


- Darwin (1881)

" Il y a longtemps que l'homme connaît l'existence des vers de terre, mais cela ne veut pas dire qu'il en ait une connaissance précise et complète. "

À part pour deux ou trois espèces, nous connaissons très bien la biologie des vers de terre.

On trouve dix-neuf espèces de vers de terre

" à l'état sauvage " en Ontario, et seules deux de ces espèces sont indigènes de l'Amérique du Nord..

Trois autres espèces de vers, Eudrilus eugeniae (lombric africain), Amynthas sp. (sauteur de Georgie, lombric gris) et Eisenia foetida (ver du fumier, ver zébré du fumier, eisénie, qui existe aussi " à l'état sauvage " en Ontario) ont été introduites en Ontario pour l'élevage commercial.

Une autre espèce, Aporrectodea trapezoides (ver méridional, ver de jardin) est aussi élevée commercialement à l'occasion comme ver appât.

Une autre espèce commune de ver de terre en Ontario est le Lumbricus terrestris (lombric commun, ver nocturne rampant, ver canadien).

Elle a probablement été introduite à plusieurs reprises en Amérique du Nord par des colons venus d'Europe au cours des 350 dernières années. Ce ver, récolté notamment sur les terrains de golf, est vendu comme appât. Le nombre déclaré de lombrics communs exportés vers les États-Unis était d'environ 500 millions en 1978.

Cette espèce de ver de terre est très appréciée comme appât et les variations de la demande causent de grandes fluctuations de prix pendant la saison de pêche.

La position des vers de terre dans le règne animal Les grandes subdivisions du règne animal sont appelées des phylums. Les vers de terre appartiennent au phylum des Annélides;

les insectes, les araignées, les écrevisses et les crabes appartiennent au phylum des Arthropodes;

les humains, les grenouilles, les oiseaux et les poissons appartiennent au phylum des Chordés.

Un phylum peut donc comprendre plusieurs sortes d'animaux d'apparences très différentes.

Le phylum des Annélides se subdivise en deux : les Polychètes (vers aquatiques et marins) et les Oligochètes (vers de terre).

En Ontario, toutes les espèces de vers sauf une font partie de la famille des Lumbricidés, les vers de l'Ontario sont donc assez étroitement apparentés.

La structure des vers de terre Les vers de terre ont une segmentation externe (accompagnée d'une segmentation interne correspondante) et sont dépourvus de squelette.

Ils possèdent une cuticule mince colorée portant des soies (poils tactiles).

Ils sont conçus comme un " tube à l'intérieur d'un tube ", leur tractus digestif faisant toute la longueur de leur corps de la bouche à l'anus, et les organes reproducteurs, les organes de régulation de l'équilibre hydrique et le système nerveux étant localisés entre les deux tubes. De puissants groupes de muscles constituent une bonne partie des " tubes " interne et externe.

Un liquide semblable à du sang remplit le reste de l'espace entre les deux tubes.

La physiologie des vers de terre

Les espèces de vers de terre sont adaptées à différents climats (conditions de température et d'humidité) et à différents types de sol (de sols à forte teneur en carbone organique à sols minéraux à très fable teneur en carbone).

Ces adaptations sont responsables d'un large éventail de différences physiologiques entre les espèces de vers de terre. Cependant, il est possible de dégager les caractéristiques générales suivantes :

  • ·1. Les vers de terre " respirent " en absorbant de l'oxygène à travers la surface de leur corps et en expulsant le dioxyde de carbone. L'oxygène se dissout dans le mucus qui couvre la surface de leur corps, puis passe dans les capillaires extrêmement ramifiés de la paroi corporelle, où il est absorbé par le pigment respiratoire et transporté vers les organes internes.



  • ·2. Les vers de terre peuvent survivre pendant de grandes périodes dans l'eau si le niveau d'oxygène dissous est suffisant.



  • ·3. Les vers de terre ne peuvent pas maintenir une température corporelle stable comme les humains, les chiens ou le bétail. Cela signifie que leur taux respiratoire augmente avec la température. Cette augmentation de la respiration fait augmenter les taux métaboliques, ce qui mène à une augmentation des besoins en énergie, les vers devant alors s'alimenter davantage ou puiser dans leurs réserves corporelles. Le contraire est vrai lorsque la température diminue.



  • ·4. Les vers de terre se nourrissent de matières organiques sous les formes les plus variées. On a pu établir jusqu'à présent qu'ils se nourrissaient des éléments suivants : matières végétales diverses fraîches ou décomposées, protozoaires, rotifères, nématodes, bactéries, champignons et restes d'animaux en décomposition.



  • ·5. Il est assez bien établi que le ver du fumier, Eisenia foetida, se nourrit surtout de protozoaires. Si cela est vrai, un élevage réussi exigerait d'importantes populations de protozoaires dans le " substrat alimentaire ", qu'il s'agisse de papier déchiqueté, de fumiers ou de déchets alimentaires.



  • ·6. L'excrétion des produits métaboliques (résidus de digestion, croissance et mort des cellules) se fait par les néphridies, qui jouent un rôle semblable aux reins, et par l'intestin.



  • ·7. Le sang circule vers l'avant le long du vaisseau collecteur dorsal jusqu'à des coeurs pulsants qui le pompent vers les vaisseaux ventraux, où il est repompé vers l'avant jusqu'à la tête et vers l'arrière jusqu'à toutes les autres parties du corps.



  • ·8. Le ver possède une grande chaîne nerveuse ventrale qui s'élargit dans la tête (" cerveau "). La chaîne nerveuse est reliée aux différents organes des sens de l'organisme et contrôle la contraction et le relâchement des muscles. On a établi l'existence de certaines structures sensibles à la lumière chez certaines espèces de vers. Il est aussi tout à fait évident que les vers peuvent ressentir des différences d'acidité et d'humidité relative, sont sensibles au toucher et peuvent détecter la nourriture et les produits chimiques.



  • ·9. Certaines espèces peuvent régénérer des segments amputés de leur corps. La régénération des segments de queue se fait plus facilement que celle des segments de tête. Il semble y avoir une limite au nombre de segments qui peuvent être régénérés, mais ce nombre varie d'une espèce à l'autre.



Aucune espèce de ver connue ne produira deux organismes viables lorsque coupée en deux.

L'écologie des vers de terre

Les vers de terre vivent dans le sol, mais les espèces se côtoient souvent dans le même sol et les types de sol qu'ils habitent varient beaucoup.

D'abord, il n'y a que deux espèces indigènes de l'Amérique du Nord trouvées " à l'état sauvage " en Ontario, et les deux sont assez rares.


Les 17 autres espèces trouvées en Ontario ont été importées d'Europe par les colons au cours des quelques derniers siècles.

Les populations naturelles de vers de terre en Ontario ressemblent donc beaucoup aux populations européennes.

Si les espèces indigènes ont déjà été plus nombreuses en Ontario, elles auraient été presque toutes éliminées par les couches de glace qui couvraient le Canada jusqu'à il y a environ 10 000 ans.


C'est pourquoi les vers de terre de l'Ontario (et du Canada) sont toujours trouvés à proximité des établissements humains (exploitations agricoles et zones urbaines).

Certaines espèces de vers occupent leur place dans le sol en s'y déplaçant verticalement (lombrics communs).

D'autres espèces comme les Aporrectodea (vers de jardin) n'occupent que 5 à 10 cm en surface et se déplacent horizontalement.

D'autres espèces encore, comme le ver du fumier (Eisenia foetida), ont besoin d'un sol riche en carbone (terre noire) ou de fumier pour survivre.

La densité (nombre de vers par volume unitaire) qui permet la survie (ou la croissance) des différentes espèces de vers varie énormément.

Les lombrics communs semblent exiger un minimum de 100 pouces cubes de sol par ver.

Les vers du fumier et les lombrics africains se portent bien dans des densités de 1 à 2 pouces cubes par ver.

Ce facteur joue évidemment un rôle important lorsqu'on veut déterminer s'il est économiquement possible d'élever une espèce donnée.

Par exemple, il n'est tout simplement pas économiquement viable d'élever le lombric commun, puisqu'il exige trop d'espace (20 millions de vers exigeraient une pièce d'au moins 100 pi par 100 pi par 100 pi, plus ventilation et accès).

Toutes les espèces de ver de terre ont besoin d'un environnement assez humide (probablement à cause de leurs exigences respiratoires).

Les vers ne peuvent survivre dans un environnement où l'oxygène est très rare ou absent (milieu anaérobique).

Cependant, les espèces ont différentes exigences minimales en ce qui concerne l'oxygène.

La plupart des vers de terre sont très sensibles aux produits chimiques toxiques.

Les élevages de vers doivent donc être gardés à l'abri de la plupart des pesticides (insecticides, fongicides, herbicides).

De plus, nous avons constaté que même les engrais peuvent être toxiques pour les lombrics communs.

Il faut appliquer des précautions semblables aux autres espèces de ver.

La reproduction des vers de terre

Les vers de terre peuvent se reproduire de façon biparentale (en échangeant du matériel génétique avec un autre ver de la même espèce seulement) ou uniparentale (sans aucune fécondation par un autre ver).

Le mode de reproduction est caractéristique de l'espèce (c.-à-d. qu'on ne trouve normalement chez une même espèce qu'un seul de ces modes de reproduction, mais on connaît relativement peu de choses à ce sujet).

Dans le cas de la reproduction biparentale (lombric commun et ver du fumier), le même animal possède à la fois les organes mâles et femelles et les deux vers (de la même espèce seulement) se fécondent simultanément l'un l'autre.

Les deux vers produisent alors des cocons (capsules). Chez les vers uniparentaux, un mécanisme interne quelconque déclenche la production d'un oeuf,

œufs du ver dit cocon





qui est ensuite libéré sous forme de cocon et se développe pour devenir un ver adulte.

Normalement, chaque cocon produit 1 ou 2 vers (mais jusqu'à 11 dans le cas du ver du fumier). Selon l'espèce, la maturité sexuelle est atteinte après une période de 3 semaines à un an.

Un mot sur les espèces " hybrides ".

Il n'est pas techniquement possible de croiser deux espèces de vers (comme le lombric commun et le ver du fumier) et il n'a jamais été démontré qu'il soit possible de créer un ver " hybride ". Chaque fois qu'un ver dit " hybride " a été analysé par un expert, il a été démontré qu'il s'agissait d'une espèce bien précise et non d'un " hybride ".

Trois espèces de vers sont souvent présentées comme " hybrides " :

  • * le ver du fumier (E. foetida),
  • * le lombric africain (E. eugeniae)
  • * le lombric gris (A. hawayanis).


Si vous entendez des gens parler de vers hybrides, soyez donc tout de suite très méfiant.

Les parasites et les prédateurs des vers de terre

A. Les prédateurs Il a été démontré que de nombreuses espèces d'oiseaux (mouettes ou goélands suivant les charrues dans les champs), de taupes, de hérissons, de renards, de crapauds et de serpents mangent des vers de terre.

Certains coléoptères, les sangsues, les limaces et les vers plats se nourrissent aussi de vers de terre. La plupart de ces prédateurs sont peu susceptibles de causer des problèmes aux élevages de vers de terre.

B. Les parasites Les bactéries, les protozoaires (animaux unicellulaires), les vers plats (plathelminthes), les nématodes (vers ronds) et les larves de diptères sont des parasites internes des vers de terre.

La pollénie du lombric (Pollenia rudis) est souvent une nuisance dans les greniers des maisons et sa larve parasite les vers de l'espèce Eisenia rosea, qui contamine souvent les élevages de vers du fumier.

On ne m'a toutefois jamais signalé que ce parasite ait causé des problèmes dans les élevages de vers du fumier. D'autres espèces de mouches peuvent parasiter les vers de terre, mais aucun rapport ne m'est encore parvenu à leur sujet de la part d'éleveurs commerciaux.

J'ai reçu des signalements occasionnels d'acariens (petits animaux semblables à des araignées) qui causaient des problèmes dans des bacs de vers de terre.

Un de ces parasites, Histiostoma murchiei, semble parasiter les cocons des lombrics verts (Arrectoida chlorotica). Un autre, Uropoda agitans, s'attaque aussi aux cocons des vers de terre.

Les bacs de vers de terre deviennent quelquefois si infestés d'acariens que l'approvisionnement alimentaire des vers est menacé et que la population de vers diminue.



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